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03/11/2008

Obama, muse facile pour les artistes

Mugs et autres objets dérivés l'avaient prouvé : Barack Obama fait vendre. Il est désormais assuré qu'il fait aussi peindre.

Vernissage-événement à la galerie new yorkaise du très influant Gavin Brown, exposition-concours d'oeuvres à l'effigie du candidat en marge de la Convention démocrate à Denver... De sa galerie parisienne du XIème arrondissement, Dorothy Polley suit le mouvement, avec un opus militant : "Barack Obama in Paris".

"Yes we can", Cyril Anguelidis.

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Eric Allouche, directeur de l'Opera Gallery, à New York, en est convaincu : "Aucun politique n’a autant inspiré qu’Obama".

Lors de la grande exposition-concours lancée en marge de la Convention démocrate de Denver, en août – Manifest Hope Gallery, l’inspiration ambiante n’avait pourtant pas dissuadé le Comité national du parti de souffler quelques pistes aux candidats en lice : espoir, rupture, progrès, unité ou encore patriotisme figuraient noir sur blanc dans le «règlement» de l'événement. Les critères d’évaluation des œuvres en compétition pour apparaître sur la vitrine Internet de la galerie étaient donc clairs, nets et précis.

La galeriste états-unienne Dorothy Polley a procédé différemment. Partisane affichée du candidat démocrate, elle a sobrement passé commande auprès de ses poulains favoris sur le thème de la candidature de Barack Obama.

Mais le résultat ressemble étrangement aux œuvres des finalistes du Manifest Hope Gallery.

"Yes, We Can"- le slogan du candidat, se décline comme une ritournelle sur nombre de pièces. Autant dire que l’héritage revendiqué de quelques grands noms de l’art moderne et contemporain –d'Andy Warhol à Robert Rauschenberg-, relève plus de la technique que de la charge critique.

Il y a bien quelques recherches formelles : le peintre Ealy Mays, qui occupe une grande partie de l'espace d’exposition, retourne explicitement son châssis pour mettre en scène le quotidien d'ouvriers laissés pour compte, suggérant ainsi la promotion des classes les plus démunies au coeur de la stratégie électorale du candidat.

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"Yes We Can, Donut Factory", Ealy Mays.

Mais la plupart des œuvres se bornent littéralement à illustrer le charisme du candidat, flirtant sur divers courants, essentiellement néo Pop, mais aussi expressionniste ou néo-réaliste. Omniprésence, sur les toiles, du visage du sénateur de l'Illinois, proprement sublimé à renfort de logiciel informatique, slogan de campagne revisité en inlassables motifs : expérimentations et mise en perspective ne bousculent pas la perception du visiteur... soulagé, dans le cas de Adélie Chevée, de débusquer quelque pointe d'ironie du côté des dessins de presse :


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Entre deux piles de tee-shirts à l'effigie d'Obama, Grégory Plesse, jeune diplômé en journalisme, décrypte les enjeux de l'exposition :

 

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Soixante à cent visiteurs quotidiens, au lieu d'une vingtaine, pour une expo non engagée, la galeriste Dorothy Polley savoure l'attrait commercial d'un accrochage politisé dont elle a savemment étudié les fourchettes de prix :


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Caroline Heurtault

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