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03/11/2008

Télé-réalité: des séries visionnaires?

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Matt Santos est issu d'une minorité. Il est né en 1961, est père de deux enfants et s’installe dans le bureau ovale en battant un candidat républicain marginal dans son parti. Cela vous rappelle quelqu’un ? Normal, le personnage principal de la série The West Wing (A la Maison Blanche en France), est librement inspiré de Barack Obama. Mais plus que de l’intuition, la série souffle un vent de prémonition.

 


Eli Attie, ancien conseiller de Bill Clinton, plume d’Al Gore et scénariste de The West Wing l’a avoué au mois de février dernier. Le héros de la série est Barack Obama. Après avoir entendu le discours du jeune parlementaire lors d’une convention démocrate, Eli Attie sait qu’il tient son personnage. Même état civil, même carrière en politique, même campagne électorale. La seule différence réside dans les origines. Santos est latino, Obama est noir.

 


Après, comme l’a souligné récemment le New York Times, la réalité se confond à la fiction. Santos, lors des primaires, bat le candidat soutenu par le parti, sans jouer sur le communautarisme. Il choisit un vice-président capable de parer à ses lacunes en politique étrangère, grimpe dans les sondages en affrontant une crise internationale, et est convoqué, comme son adversaire républicain, par le président en exercice.

Selon Sophie Bourdais, journaliste pour Télérama, qui a étudié le cas, "les séries n’inventent rien, mais prennent de l’avance sur la réalité en s’inspirant des mouvements de fond". Exemple : George W. Bush a convoqué les deux principaux candidats pour discuter de la crise financière, après que le président de The West Wing l’a fait.

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Le cas 24 heures chrono

Un président noir à la télévision : c’est du déjà-vu. Dans 24 heures chrono (prononcez uniquement "24" si vous êtes de l’autre côté de l’Atlantique), les scénaristes avaient déjà opté pour un président afro-américain. David Palmer, saisons 1 et 2 et Wayne, le petit frère, saison 4, occupaient la Maison Blanche à tour de rôle.

 


Pourtant, Pierre Sérisier,  dont le blog explore le monde des séries, pense que "les personnalités de l’administration", comme Colin Powell ou Condoleeza Rice ont beaucoup plus joué dans l’ouverture des esprits que l’acteur noir. "Avec plus de 700 maires noirs dans les villes américaines, les scénaristes de 24 ont juste surfé sur l’air du temps", souligne t-il.

Une différence avec le monde de la fiction en France, qui n’oserait jamais imaginer un président "issu d’une communauté". "Il y a une chose que les Anglo-saxons ont et que nous, enfants de Descartes n’avons pas, c’est que l’histoire prime. Qu’il soit crédible ou non, les scénaristes américains prennent des risques avec le scénario."

Dans The West Wing, le candidat démocrate gagne. Dans 24, il est assassiné. C’est donc l’Histoire qui démontrera laquelle des deux séries est définitivement la plus visionnaire.

 

Julie Rosselin

 

Commentaires

Raaaaaahhhhh ! On vous a jamais dit de pas spolier la fin des séries télé ? C'est sympa pour ceux qui sont en train de les regarder....

Écrit par : Pierre35 | 03/11/2008

Les commentaires sont fermés.

 
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