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05/11/2008

La langue bien pendue du vice-président

A 65 ans, le successeur de Dick Cheney à la Maison Blanche n’a jamais eu la langue dans sa poche, quitte à enchaîner les gaffes.

joebiden.jpg

(Photo:TheWeeklyStandard)


 

Gaffe-o-matic (La machine à gaffe). Pendant la campagne, sur les sites de partages de vidéos, son nom a très souvent associé à idocy, gaffe. Les internautes s’en sont donné à cœur joie à chacune de ses interventions.
Il faut dire que Joe Biden a enchainé les lapsus et les déclarations à brûle pourpoing. La plus « célèbre » remonte à début septembre. Le colistier de Barack Obama avait demandé à Chuck Graham, paralytique, de se lever de son fauteuil (voir vidéo)

Dernière "boulette" en date : sa déclaration sur la crise économique. Interviewé sur CBS en septembre, Joe Biden s'enflamme et raconte (voir vidéo) comment Franklin Roosevelt lors du krack de 1929 était venu expliquer à la télé aux citoyens avec ces mot : "Voilà ce qui arrive". Manque de pot : ce n’est pas Franklin Roosevelt qui était à la Maison Blanche mais le républicain Herbert Hoover et la télévision n’est apparue qu’a l’exposition universelle de 1938. Le porte parole de Biden a tenté de rattraper le tir : « Nous autres démcrocrates ne sommes pas aussi experts de la dépression économique d’Hoover comme McCain. De Roosevelt à Clinton, on a tout fait pour réparer le bordel économique que les républicains avaient laissé derrière eux".

Gaffeur certes, mais bon débatteur. Joe Biden ne mâche pas ses mots. Ses échanges verbaux avec ses adversaires comme avec ceux de son propre camps sont vifs. Les téléspectateurs américains se souviennent avec délice du débat entre les démocrates où il tâcle le maire de New York républicain Rudy Giuiliani (voir vidéo). "Il y a seulement trois choses qu'il (le maire de New York) peut mentionner dans une phrase : un nom, un verbe et le 11-Septembre".

 

Barack Obama en a aussi fait les frais lors de la course à l'investiture démocrate. "Barack Obama est le premier Afro-Américain consensuel qui s'exprime bien, qui soit brillant, propre sur lui et beau garçon". Barack Obama ne lui a pas tenu rancune, et pour cause : outre son parler franc, Joe Biden est un fin connaisseur des affaires étrangères. Nommé par Obama comme colistier, il devient la caution internationale du sénateur de l'Arizona, souvent décrié pour son manque d'expérience dans le domaine.

Joe Biden parle vite, travaille vite, va vite. Il nait le 20 novembre 1942 à Scranton, en Pennsylvanie. 10 ans plus tard, la famille Biden s’installe à Claymont, Delaware, un état que Joe Biden ne quittera plus. A l’âge de 29 ans - un record pour ce poste-, il devient sénateur du Delaware. Contre toute attente, aidée par sa sœur, il bat le poids lourd républicain J Caleb Boggs en rassemblant 3162 votes de plus.

Depuis, il abat une charge de travail impressionnante et multiplie les statuts. Président de la commission des affaires extérieures au Sénat entre 2001 et 2003 puis depuis 2007. Membre de la commission judiciaire. Il contribue en 1999 à ramener la stabilité dans les Balkans, se mobilise contre le génocide au Darfour, rencontre les grands de ce monde. Aux Etats Unis, il se bat pour le droit des femmes, passe une loi sur le contrôle de crimes violents, renforce la présence des policiers dans les rues et obtient le taux de criminalité le plus bas.

L'expérience de Joe Biden l'a sauvé des quolibets, contrairement à son homologue républicaine le temps d'une campagne Sarah Palin. Il fait rire sans faire peur les électeurs quand la gouverneure d'Alaska se débat avec le troopergate et la polémique autour de sa fille enceinte. Mieux, il a sans doute contribué à la victoire de son candidat, en attirant les voix des cols bleus et des classes ouvrières blanches qui faisaient défaut à Barack Obama lors des primaires démocrates dans l'Ohio.

"Essentiel" pendant la campagne, il n'est pas certain que Joe Biden ait une grande marge de manoeuvre. Pour Mark Kravetz, grand reporter et auteur de la Petite Encyclopédie d'Obama, il faut relativiser le rôle du vice-président.

podcast

Aujourd'hui, Joe Biden est élu vice-président. Et demain ? Lors de son débat avec Sarah Palin, il affirmait ne pas vouloir se mettre en avant : "Pour chaque grande décision qu'il (Barack Obama) aura à prendre, je serai assis dans la pièce pour lui fournir mes meilleurs conseils", a-t-il dit. "C'est lui le président, pas moi." Rendez-vous en 2012.

Marine Pennetier

05:13 Publié dans Portrait | Lien permanent | Commentaires (0)

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