Avertir le modérateur

05/11/2008

Obama Président : Yes he did !

Image 1.png


Mardi 4 novembre, le sénateur de l’Illinois est devenu le premier Président noir des Etats-Unis. A peine âgé de 47 ans, il offre un souffle nouveau à la politique américaine. Portrait d’un homme encore inconnu du grand public il y a tout juste quatre ans, qui a provoqué la chance par son enthousiasme et son volontarisme.

 


"Yes, we can." "Oui, nous pouvons." Ces mots lui auront porté chance. Prononcés le 8 janvier 2008 lors de l’élection primaire du New Hampshire. Répétés sans relâche jusqu’à cette soirée du 4 novembre, qui aura vu l’élection du premier Président noir des Etats-Unis. La force du candidat démocrate Barack Obama, 47 ans, est d’avoir fait de son histoire un moment de l’histoire américaine. Et d’avoir redonné du sens au rêve américain.

Rien ne prédestinait ce "petit gamin malingre avec un drôle de nom", tel qu’il se présente, à entrer dans la course à l’élection présidentielle. Car il y a quatre ans, Barack Hussein Obama était un illustre inconnu. L’un des cent sénateurs du Congrès, pour l’Etat de l’Illinois. Jusqu’à ce fameux discours de la Convention démocrate de Boston, qui désigne John Kerry candidat le 25 juillet 2004. Ce soir là, Barack - "béni" en arabe - raconte pour la première fois son extraordinaire parcours.

arts42a.jpg

 

"Bi-racial"

"Je n’oublierai jamais que mon histoire est inconcevable dans aucun autre pays. C’est une histoire qui ne fait pas de moi le candidat le plus plausible. Mais c’est une histoire qui a gravé au plus profond de moi l’idée que cette Nation est plus que la somme de ses parties, que de plusieurs nous ne faisons qu’un [...] Cette union ne sera peut-être jamais parfaite mais, génération après génération, elle a montré qu’elle pouvait se parfaire." (Discours Pour une Union plus parfaite, 18 mars 2008).

L'histoire qu'évoque alors Barack Obama est celle du fils d’un Africain du Kenya et d’une Américaine du Kansas, né le 4 août 1961 à Honolulu, abandonné par son père à l’âge de deux ans, élevé par sa mère en Indonésie et ses grands-parents maternels à Hawaï, sans fortune ni relation : Barack Obama présente assurément un parcours atypique. Son origine bi-raciale – l’équivalent de "métis" aux Etats-Unis – ne lui facilitera pas la tâche.

Obamania

Aujourd'hui, Barack Obama ne peut plus se déplacer sans être suivi par une meute de fans ou de journalistes. On lui demande des photos, des autographes. Des parents donnent son nom à leur bébé. Les stars du showbiz le plébiscitent : Oprah Winfrey, George Clooney, Ben Affleck ou encore Matt Damon font partie des "obamamaniaques". Un phénomène inédit pour un homme politique. Un succès qu'il doit aussi à son physique de jeune premier.

Mais pas seulement. Car "Barry", tel qu’on le surnomme durant ses études, est brillant. A tel point qu’il a marqué tous ses professeurs. Ceux du collège occidental de Californie, de l’Université Columbia de New York, et surtout de la faculté de droit de Harvard. Au sein de la prestigieuse institution, il deviendra le premier président noir de la Harvard Law Review.

obamaxlarge1.jpg

 

"Community Organiser"

Le jeune diplômé ne sait pas encore ce qu’il veut faire de sa vie. Une seule certitude : il s’agira d’aider les autres. En 1985, il est engagé comme animateur social à Chicago. Trois années comme "organisateur de communautés", qui lui apprendront à monter des projets, rechercher le consensus ou encore écouter les gens dans leur diversité. Après Harvard, il choisit, plutôt qu’un grand cabinet d’avocats, un cabinet juridique spécialisé dans la défense des victimes de discrimination.

C’est à cette époque que Barack Obama fait la rencontre qui va changer son existence. Celle de Michelle Robinson, grande, belle, intelligente, ambitieuse. Elle a grandi dans une famille ouvrière de Chicago et se destine à une carrière d’avocate. La séduire ne sera pas chose aisée. Mais Barack Obama, en plus d’être doué, a pour armes le charme et la patience. Leur union, en 1992, donnera naissance à deux filles, Malia Ann et Natasha (surnommée "Sacha"), aujourd’hui âgées de 10 et 7 ans.

michelle_obama4.jpg

Du siège de sénateur à celui de Président

A 35 ans, Barack Obama a soif de changer les choses. L’occasion se présente lorsqu’un siège devient vacant, au Sénat de l'Illinois, dans la 13e circonscription du South Side de Chicago. Il fait campagne et devient sénateur d'Etat de l’Illinois, en 1996. Il sera réélu en 1998 et 2002. Sa carrière politique est lancée.

Elle le mènera en 2005 au poste de sénateur des Etats-Unis, pour l'Etat de l'Illinois, puis à la course à l’élection présidentielle de 2008, alors que personne n’aurait parié sur lui. La sénatrice de New York et ancienne Première dame Hillary Rodham Clinton faisait ainsi figure de favorite, face à des candidats non moins sérieux : John Edwards, Joe Biden ou encore Bill Richardson. Tous ses opposants lui reprochent son manque d’expérience. Obama est un outsider dans la campagne, de même que Bill Clinton et John F. Kennedy. Pourtant, les autres candidats soulignent en même temps qu’il s’agit d’un homme neuf. Ils ont aussi gravement sous-estimé sa détermination et sa préparation, autour d’une équipe de campagne judicieusement choisie menée par David Axelrod et David Plouffe.

01axelrod600.1.jpg


Le 3 janvier 2008, Barack Obama remporte le caucus de l’Iowa, avec plus de 90 % des votes. En exactement six mois, il obtient les 2118 délégués nécessaires à l’investiture démocrate. Le 7 juin, Hillary Clinton suspend sa campagne et lui apporte son soutien.

Reste alors à vaincre John McCain, sénateur de l’Arizona de 72 ans et héros de la guerre du Vietnam. La bataille se fera essentiellement sur les thèmes de l’économie et des relations internationales, points faibles du candidat républicain. Dans son livre-programme L’audace d’espérer (2006), Barack Obama se dit favorable à un retrait des troupes américaines d'Irak : "Je suis opposé à une guerre stupide. Une guerre irréfléchie. Une guerre basée non pas sur la raison, mais sur la passion, non pas sur les principes, mais sur la politique" (octobre 2002). L'explication en VO :

 



En ce qui concerne les Etats-Unis, il souhaite une réforme du système de santé, une hausse du salaire minimum et des baisses d'impôts massives pour la classe moyenne (mais au contraire une hausse pour les salaires supérieurs à 250 000 dollars par an). Il s’avère plus conservateur sur la question de la peine de mort (favorable pour les crimes les plus graves comme le viol d’enfants) et sur le droit de posséder des armes à feu (il soutient le 2e amendement).

Beaucoup de mesures que Barack Obama devra mettre en pratique au cours des prochains mois. Le 20 janvier prochain, jour de l'Inauguration day, le 44e Président prêtera serment. Il devra alors prouver qu'il incarne un réel changement. Et transformer le "Yes we can" en "Yes we did".

 

Audrey Garric

 

© Flickr/Transplanted moutaineer, AP/Ron Edmonds


Les commentaires sont fermés.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu