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05/11/2008

McCain KO

Il a voulu y croire jusqu’au bout. Après un marathon à travers 7 Etats du pays lundi, le challenger ne s’est jamais avoué battu malgré des sondages en sa défaveur. McCain avait été choisi lors de la primaire pour deux raisons: son image de héros du Vietnam qui en fait une des personnalités les plus respectées du pays et son profil atypique au sein du parti, qui le différenciait de Bush.
Malgré ses qualités, le candidat républicain est resté en position de challenger face à Barack Obama.


1. Ses lacunes en économie l'ont pénalisé dans un contexte de crise boursière :
L’apparition de la crise financière mi-septembre a marqué son point de non-retour dans les sondages avec Obama. Son manque de crédibilité survient avec sa première imprudence lorsqu’il déclare que : « Les fondamentaux de l’économie américaine sont solides » et que les Etats-Unis éviteront la catastrophe. Il a avoué ensuite : « Je vais être honnête : je m’y connais moins en économie que sur les questions militaires ou internationales. Je dois être éduqué sur ce sujet ».

2. Choisir Sarah Palin comme colistière a été désastreux :
La gouverneure de l’Alaska, chasseuse de caribou à ses heures, et mère de cinq enfants redonne du souffle à la campagne républicaine. Son punch et ses offensives ont au début ressuscité l’espoir d’une possible victoire. Mais cette rebelle dans son propre parti -elle a tenu tête aux républicains de son Etat- ne tarde pas à multiplier les gaffes révélant son incompétence en politique étrangère. Exemple sur cette vidéo :


Elle multiplie les accusations contre Obama, on reproche au camp républicain d’attiser la haine. Les républicains sceptiques se détournent de leur candidat.

3. Le candidat John McCain n’a pas convaincu tous les républicains:
le candidat de 72 ans a toujours eu un profil atypique au sein du parti. Plutôt conservateur sur les thèmes de société, contre l’avortement et le mariage homosexuel, et pour la peine de mort et le port d’armes, il a montré un esprit d’ouverture sur deux sujets : la torture et l’immigration. Son expérience de Prisoner Of War (POW) en 1967 au Vietnam le pousse à faire adopter en octobre 2005 un amendement contre la torture en prison malgré l’hostilité de la Maison Blanche et sans le soutien de la Chambre des Représentants. Il affiche une position médiane sur l’immigration : souhaitant régulariser une partie des clandestins tout en renforçant la barrière de sécurité avec le Mexique.
Si ses convictions plaisent aux indépendants, elles provoquent le rejet de la frange conservatrice. D’où ses surnoms : « maverick » (franc-tireur) pour ses supporters et « rino » (« Republican in name only ») pour ses détracteurs.

4. La campagne républicaine a été assez « brouillonne » :

Lors de l’annonce de sa candidature aux primaires en février 2007, John McCain ne part pas favori, distancé par d’autres grandes figures du parti comme l’ancien maire de New-York Rudolph Giuliani. Sa carrière politique est pourtant déjà longue : deux candidatures aux primaires en 2004 et 2000, deux mandats de député en Arizona, et depuis 1986 réélu sénateur dans ce même Etat.
Première difficulté : la relation à George W. Bush, qui est restée floue. Les deux hommes s’étaient affrontés lors des primaires en 2000. Le camp Bush l’avait poussé à l’abandon avec une campagne de dénigrement à son encontre en Caroline du Sud. Choisi pour son profil se distinguant de la ligne Bush, John McCain ne peut totalement s’en distancer, et pâtit de l’impopularité du bilan de la présidence républicaine. En mars 2008, il est reçu à la Maison Blanche pour obtenir le soutien du président.

Si pendant l’été, son discours ferme sur le conflit russo-géorgien le fait apparaître comme « commander-in-chief », ses interventions en économie après la crise financière le font dégringoler dans les sondages.

A la veille du premier débat présidentiel, il suspend sa campagne pour aider le Congrès à voter le plan Paulson, mais le camp des Républicains n’est pas prêt à le soutenir. Peu de temps après, la Convention Républicaine subit un contretemps à cause de l’ouragan Gustav qui monopolise l’attention médiatique.

La défection de plusieurs personnalités politiques comme Colin Powell ou encore Karl Rove hier, la limitation de son budget de campagne par rapport à celui de son adversaire (360 millions de dollars récoltés pour John McCain, et 639 millions pour Barack Obama) contribuent à affaiblir un peu plus ses chances de victoire.

5. Son âge est resté un handicap :


Sur cette vidéo, la différence d'attitudes est flagrante entre un Obama souple et un McCain crispé. A 72 ans, le républicain aurait été le plus vieux président à être élu à la Maison Blanche. Faisant de son expérience un avantage par rapport à la jeunesse de son adversaire, il n’a finalement pas convaincu. Sa démarche et ses attitudes sont restées trop marquées par ses séquelles de sa captivité au Vietnam et ses ennuis de santé.
Demain, ce père tranquille de sept enfants, dont trois adoptés, devrait se consacrer désormais à son mandat de sénateur de l’Arizona.

Marie Lagedamon

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